EDUCATION POUR TOUS

EDUCATION POUR TOUS

Education traditionnelle et développement endogène en Afrique Centrale

Le
monde de l’éducation a connu des progrès considérables depuis l’antiquité
jusqu’à nos jours. C’est ainsi que dans les « cités grecques et latines,
l’éducation dressait l’individu à se subordonner aveuglément à la collectivité,
à devenir la chose de la société. Aujourd’hui, elle s’efforce d’en faire une
personnalité autonome(…). Au Moyen-âge, l’éducation était avant tout
chrétienne ; à la Renaissance, elle prend le caractère plus laïc et plus
littéraire ; aujourd’hui, la science tend à y prendre la place que l’art y
occupait autrefois »[1].
Telle est l’éducation vue dans la pensée occidentale. Pour ce qui est des
sociétés traditionnelles africaines, le système éducatif avait une connotation
beaucoup plus différente. Elle consistait à former l’enfant aux valeurs telles
que la justice, le respect des aînés, le service libre et désintéressé, l’obéissance.
L’éducation de l’africain nous dira Rigobert MBALA OWONO, « n’est pas un
fait individuel mais un fait collectif, un fait social parce qu’elle met
l’enfant en contact avec une société donnée »[2].
Ceci suppose donc que le jeune africain en société, ayant intériorisé toutes
les valeurs reçues de la tradition ne pouvait que pratiquer le bien et
développer une bonne moralité. Tel n’est point le résultat qui se dégage de
cette supposition. Nous constatons fort bien que les valeurs africaines tendent
non seulement à se dissoudre dans ce que nous présente la modernité aujourd’hui
(cyber espace, capitalisme, libéralisme économique et politique…) mais aussi
nous avons comme l’impression que les africains ne veulent plus se valoriser
parce que très influencés par la mode occidentale. Cela devient donc un
questionnement dans la mesure où même ce qui nous permet de communiquer
(langues locales) disparaît de plus en plus au profit des langues modernes
(français, anglais, espagnol, allemand,…). Nous nous posons donc les questions
de savoir : le système éducatif traditionnel peut-il se réaliser sans
l’intégration des langues modernes ? Comment concilier éducation
traditionnelle et éducation moderne ? En parcourant l’ouvrage de Rigobert
Mbala l’Education Traditionnelle et Développement
Endogène en Afrique Centrale
. Nous essayerons de répondre à ces
préoccupations.

 



[1]- Emile Durkheim, Education et Sociologie, Quadrige, PUF,
Paris, 1922, P.44.

[2]- Rigobert Mbala Owono, Education Traditionnelle et Développement
Endogène en Afrique Centrale
, CEPER, Yaoundé, 1990, P. 108.



15/11/2011
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 107 autres membres