EDUCATION POUR TOUS

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Et si nous devrions revêtir le manteau de l’enfant?

Et si nous devrions revêtir le manteau de l’enfant?
Clément TSANGA MBIA

L’image de l’enfant est l’archétype de l’éducation dans la mesure où elle nous enseigne, nous forme, nous éduque et nous édifie. L’enfant a toujours été considéré comme cet être fragile, dépourvu de raison et de logique. C’est d’ailleurs pourquoi on a souvent taxé de gamins ou de gosses certaines personnes majeures de part leur comportement et leur style de vie. En quoi l’enfant pourrait t-il être sujet moral pour une société amorale? Il faut déjà savoir distinguer deux types d’enfant. Dans un premier temps, nous avons les enfants au sens strict du terme c’est-à-dire en pleine gestation. Cette catégorie reflète l’aspect physiologique de la personne, retrace son histoire depuis sa naissance jusqu'à sa croissance. Une autre catégorie dans un deuxième temps serait l’enfant du point de vue moral. Cette catégorie est celle qui nous intéresse le plus et qui sera le fil conducteur de notre pensée.
Parlant de l’enfant du point de vue moral, nous voulons d’ores et déjà signifier que la figure de l’enfant symbolise entre autres valeurs : la spontanéité, l’humilité, la naïveté, et la confiance. Chacun de ces points, nous allons les développer afin de mettre en relief chacune des valeurs qu’ils renferment.
De la spontanéité : la figure de l’enfant nous enseigne la créativité. Un esprit créatif est un esprit qui sait répondre aux exigences de l’heure. C’est un esprit qui nous épargne de la routine et nous ouvre des horizons plausibles. Cette même créativité est ce qui d’ailleurs manque à beaucoup d’entre nous. Nous préférons vivre dans la routine et chanter jour et nuit, que les « dés ont été jetés » et donc on ne peut plus rien changer. Un tel langage à nos yeux est non seulement simpliste mais aussi lâche et stérile. Combien d’actions avons-nous posé et qui ont été jugées bonnes, qui par la suite, n’ont pas attiré l’attention du public? Pourquoi penser tout d’un coup que le changement est un leurre? Rêver déjà du changement est en quelque sorte entrer dans le monde de la spontanéité.
De l’humilité, l’enfant nous enseigne le dépouillement total. Combien parmi nous savent descendre du haut de leur trône pour communier aux souffrances des autres. Ne voulons-nous pas nous réveiller chaque jour sur un plateau en or? Lorsque nous avons été nommé responsable d’un service, n’utilisons-nous pas notre pouvoir pour marcher sur les plus faibles? L’humilité de l’enfant est un exemple à accueillir et à vivre chaque jour. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles, nous avons choisi de dédier notre vie pour le service des plus humbles afin de faire corps avec cette dame humilité. Nous importe dans ce cas notre rang social, nos revenus mensuels, le nombre de diplômes emmagasinés ou alors le nombre d’années accomplies. Le plus important est mettre en exergue tout cela, se dépouiller de son Ego et travailler pour que la société et le monde puissent progresser vers la justice, la solidarité, l’égalité et la vérité.
De la naïveté, nous apprenons de l’enfant à dire la vérité et rien que la vérité. En échangeant avec des connaissances, nous sommes quelques fois surpris d’entendre quelques uns dire « je préfère me taire pour ne pas perdre mon poste de travail ». D’autres par contre sont obligés de mentir pour être bien vu et pour gagner les faveurs des autres. Moi, je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi est- ce que l’homme et la femme sont insensibles à la vérité? Je n’arrête pas de me questionner sur le fait que mes contemporains préfèrent plutôt avaler des chimères que de gober la vérité. Dis la vérité à une personne que tu viens de connaître, elle t’abandonnera dans les minutes qui suivent. Choisis le chemin contraire en lui remplissant les oreilles du mensonge, tu seras à jamais son Jocker favoris sur qui partiront toutes les mises du casino. Pour ne donc pas être un casino, nous avons choisi de dire toujours la vérité pour que les esprits mercantilistes s’éloignent de nous et qu’ils ne trouvent pas en nous une source de revenue. Je suis de ceux-là qui croient fermement à l’adage selon lequel « la vérité sort de la bouche des enfants et des fous ». N’allez donc pas demander à un enfant de se taire lorsqu’il est entrain de vous prévenir d’un grand danger, ou n’envoyez pas balader un fou qui voudrait vous éviter un suicide chronique. Seul dans son subconscient naïf que nous pouvons localiser la vérité qui est loin d’être « la chose la mieux partagée ».
Le dernier aspect que nous allons aborder avant de donner la parole à un autre spécialiste de l’éducation est la confiance.
Nous n’allons pas trop nous étendre sur cette thématique puisqu’en ce moment, nous sommes entrain d’élaborer un article au sujet des Systèmes Anonymes de Confiance : Nous sommes tous des aveugles ambulants. Cependant il sied juste d’ouvrir une brèche
De la confiance, la figure de l’enfant nous enseigne la totale oblation. Il est un sujet qui se remet dans les bras de son éducateur et lui ouvre aussi bien son cœur que son esprit. En retour ce même éducateur s’offre de manière sincère et directe à l’enfant de telle sorte qu’il puisse exister une symbiose claire et transparente entre les deux êtres. La confiance est savoir conjuguer d’une part le préfixe « con » et d’autre part la racine « fiance ». Faire confiance est problématique dans la mesure où l’expression s’utilise de façon mimétique. Et c’est bien normal parce que nous aimons les effets à court terme alors on choisit les raccourcis les plus probables pour atteindre nos objectifs égoïstes et mesquins. Comme nous l’avons déjà évoqué, ce thème constituera notre prochain article qui a pour titre : Les Systèmes Anonymes de Confiance : Nous sommes tous des aveugles ambulants.
A présent que nous dit John Locke, au sujet de la relation avec l’enfant?
On s'étonnera peut-être que je recommande de raisonner avec les enfants, et cependant je ne puis m'empêcher de penser que c'est la vraie manière de se comporter avec eux1. Ils entendent raison dès qu'ils savent parler et, si je ne me trompe, ils aiment à être traités en créatures raisonnables plus tôt qu'on ne se l'imagine. C'est une sorte d'orgueil qu'il faut développer en eux, et dont on doit se servir autant que possible, comme d'un puissant instrument pour les conduire.
Mais quand je parle de raisonnements, j'entends seulement ceux qui sont appropriés à l'intelligence, qui sont à la portée d'esprit de l'enfant. Personne ne suppose qu'on puisse argumenter avec un enfant de trois ou même de sept ans comme avec un homme mûr. De longs discours, des raisonnements philosophiques étonnent tout au plus et confondent l'esprit de l'enfant, mais ne l'instruisent pas. Quand je dis qu'il faut les traiter comme des créatures raisonnables j'entends donc que vous devez leur faire comprendre par la douceur de vos manières, par l'air tranquille que vous gardez jusque dans vos corrections, que ce que vous faites est raisonnable en soi, en même temps qu'utile et nécessaire pour eux ; que ce n'est point par caprice, par passion ou fantaisie, que vous leur ordonnez ou leur défendez ceci ou cela. C'est ce qu'ils sont parfaitement en état de comprendre, et il n'y a pas de vertu ni de vice dont on ne puisse leur faire entendre pourquoi on leur recommande l'une et pourquoi on leur interdit l'autre: seulement il faut pour cela choisir des raisons appropriées à leur âge et à leur intelligence, et les leur proposer toujours clairement et en peu de mots 2. Les principes sur lesquels reposent la plupart des devoirs, les sources du bien et du mal d'où ces devoirs jaillissent, il n'est pas toujours aisé de les expliquer même aux hommes faits, quand ils ne sont pas habitués à abstraire leurs pensées des opinions communément reçues. A plus forte raison les enfants sont-ils incapables de raisonner sur des principes un peu élevés. Ils ne sentent pas la force d'une longue déduction. Les raisons qui les touchent sont des raisons familières, au niveau de leurs pensées, des raisons sensibles et palpables, si je puis ainsi parler. Mais si l'on a égard à leur âge, à leur tempérament, à leurs goûts, on ne manquera jamais de trouver des motifs de ce genre propres à les convaincre. Et si l'on ne trouvait pas d'autre raison plus particulière, ce qu'ils comprendront toujours, ce qui suffira pour les détourner d'une faute du genre de celles qu'ils peuvent commettre : c'est que cette faute les discrédite et les déshonore, c'est qu'elle vous déplaît.



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