EDUCATION POUR TOUS

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POUR UNE NOUVELLE SOLIDARITE AFRICAINE

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POUR UNE NOUVELLE SOLIDARITE AFRICAINE
Clément tsanga mbia

Le thème “Pour une nouvelle solidarité africaine” a toujours été au centre de ma préoccupation dans la mesure oú nos sociétés africaines tout comme occidentales, au lieu de promouvoir les valeurs plausibles comme ce fut le cas dans le passé avec nos premiers parents, promeuvent plutôt une idéologie mercantiliste, mafioso et corruptive, au point où cela prend la forme d’un mode de vie. Ne soyons pas étonné lorsqu’un jeune intellectuel digne de ce nom, et du haut de son éducation va piailler des paroles telles que “rien ne peut plus changer…on fait avec” ou alors “c’est de cette manière que nous vivons ici”. De telles discours non seulement sont vides d’espérance mais aussi manifeste une sorte de dormance intellectuelle et reflexive. Un individu qui pense de la sorte a certes raison car quelque’un qui est plongé dans les méandres de l’obscurantisme beat ne peut voir que ce que lui présente les limites de sa pensé et ne peut soumettre sa société qu’au crible de son manque de discernement.
En effet nul besoin n’est de se voiler les yeux devant les multiples problèmes qui gangrènent notre cher beau continent l’Afrique. Parmi ceux-ci la corruption, la recherche du profit, l’esprit individualiste et mercantiliste; la prostitution infantile et juvénile, le proxénitisme, l’abus de confiance et le manque de créativité. Ces tares qui loin d’être une malédiction comme le pensent les moins que rien, sont plutôt des épidemies qu’il faut soigner par des traitements spéciaux.
Le mal africain n’allons pas le chercher hors de l’homme africain, il se trouve même dans l’essence de ce dernier dans la mesure où lui-même sans l’avale de qui que ce soit ait choisi de s’offrir en holocauste sur la scène mondiale et internationale pour assouvir la faim et donner plus à manger aux organisations non-gouvernementales et internationales qui s’organisent en réseaux de nébuleuses pour soit disant trouver des fonds en vue d’aider les tiers mondistes. J’aurai certainement le temps de choquer quelques esprits révendicatifs, ceux–là qui vendent les illusions et présentent l’Afrique comme un continent malsain et assassin. Il est vrai que le continent en lui même est par nature sain, il va connaître la souillure avec ses fils et filles indignes. Ce sont eux, ceux-là qui font de l’Afrique la risée du monde. Ce sont eux qui présentent l’Afrique comme une poubelle, comme un dépositoire d’excréments. Ceux sont eux qui présentent les africains comme des incultes et des vulgaires cromagnons.
Comment en est-on arrivé à de telles déconsidérations? Quelles sont aujourd’hui les causes de notre propre déchéance?
Nous allons articuler notre pensée sous deux angles. D’un côté nous présenterons les faits, cela supposera un regard critique sur la situation actuelle du continent africain et les conséquences qui dérivent de ces maux. Et de l’autre côté nous proposerons quelques alternatives pour une nouvelle solidarité africaine.
Regard critique sur la situation actuelle du continent africain
Nous allons aborder deux aspects dans ce domaine: le côté social où nous parlerons de nos dirigeants africains morbides et des jeunes avides. L’autre côté sera celui éducatif oú nous mettrons en exergue le refus de penser voire même l'absence de penser qui est le plus grand africain.



– Les faits sociaux
Les dirigeants africains ne cessent pas de nous surprendre. Chaque jour, ils inventent des politiques qui ont pour seules finalités assouvir leur instinct égoïste. Comment se fait-il que dans un pays qui est organisé autour des systèmes exécutifs, législatifs et judiciaires, il y ait de l’anarchie voire même du dépotisme. Oú se situe donc le problème? Pourquoi aujourd'hui la plupart des africains ont adopté la politique du chacun pour soi?
La politique du chacun pour soi vient du fait que nous vivons dans un monde en proie à la raison du plus fort qui est toujours la meilleure. Ceci s'observe à tous les niveaux sociaux. Plus on a le pouvoir, plus on peut opprimer. Le plus curieux est que ni la loi, ni la Constitution qui sont des modes par excellence pour régulariser l'ordre social n’aient auncun effet sur personne. Chacun à son niveau est au dessus de la loi. Le terme justice n'existe presque plus. Il est remplacé par “ma justice”; “ma loi”. Des exemples on en dénombre en grandes quantités. Lorsqu'un journaliste publie un article sur la mauvaise gestion d'un secteur public, le même jour de sa publication, il est visité par les hommes en tenue. S'il arrive alors qu'au nom de la liberté des médias il a eu la maladresse de critiquer un membre du gouvernement ou un chef d'Etat moribond alors sa carrière de journaliste prend fin du jour au lendemain.
Plus encore les épouses et les enfants de ces zombies se prennent à leur tour comme des petits dieux. Ils n'hésitent pas à dire à qui veut l'entendre qu'elles sont épouses ou qu’ils sont enfants d'un tel. Le fait de dire cela est comme une garantie qui les éloigne du monde de la peur et les enferme dans le monde de la “sécurité”. Cela est vraiment bizarre, comme si être épouse et enfant d'un dirigeant politique t’arrogeait le droit de pervertir ta liberté en libertinage. Nous vivons dans une société malade et la maladie qui ronge les consciences humaines est celle de la peur de l'autorité. Le petit patron véreux qui emploie dans son entreprise une jeune demoiselle ou une femme mariée voudrait à tout prix que celle-ci satisfasse sa libido au prix d’une embauche. Et parfois même, occuper un poste dans un ministère ou une entreprise demande à ce que les jambes soient écartées pour les femmes ou que le derrière soit sodomiser pour les hommes. Alors quand on a perdu ce qu'on a de plus digne et de plus noble, on se laisse faire pourvu qu'on ait ce poste. Ne soyons donc pas surpris de voir hommes, femmes et jeunes incompétents occuper des postes dont ils n'ont aucune expertise.
Un autre phénomène patent est celui de l'obsession d'être fonctionnaire. Un jeune ou une jeune qui vient de réussir à son concours en vue d'occuper plus tard un poste ou obtenir un matricule dans la fonction publique, sa joie et celle de sa famille ne résident pas dans le fait que ce dernier soit sorti du chômage sinon parcequ’il a obtenu ce qui lui permettra d’être une source de revenue pour sa famille. Parlant de source de revenue on fera allusion à la corruption qui est devenue un fait ontologique. Parlant de corruption comme fait ontologique, nul besoin n'est de rappeler les discours simplistes que vocifèrent ces inconscients à la quête d'un poste. Les entendons nous souvent dire “qui suis-je pour lutter contre la corruption?”; “la chèvre broute là où elle est attachée”. Penser ainsi est très decevant et je pense fort que, c’est une des raisons pour laquelle le concept du changement est loin d'être une réalité, vu que le nouveau-né naît dejà avec des pensées corruptives de part les gènes de la corruption que lui ont transmis ses parents. Plus encore ces jeunes racontent à qui veut les écouter que lorsqu'ils termineront avec leur formation, ils pourront s'acheter une voiture de luxe, passer leur nuit dans les meilleurs hotels de la capitale. D'autres même avant de terminer leur formation arnaquent déjà les autres citoyens et leur font savoir qu'ils sont étudiants dans une grande école de la place et qu'au nom de ces études ils peuvent soumettre n'importe qui à leur volonté. Nous avons parfois pitié de nos soeurs qui se laissent impresionner par ses vendeurs d'illusion. Pour le seul fait d’entendre qu’un jeune est étudiant de l’Ecole de Magistrature ou de Diplomatie suffit pour ravir le coeur d’une femme sans scrupule. Elles ne tardent pas à miser leur vie juste parcequ'elles veulent occuper une place dans le coeur de cet inconscient. Elles découvriront plus tard qu'elles n'ont été qu’objet de désir sexuel pour ce jeune prostitué en quête de plaisir.
Nous allons pour ne pas ouvrir plus de brèches sur ce sujet passer à présent sous un autre aspect que nous avons évoqué à savoir l'éducation
– Les faits éducatifs
Nous allons analyser les faits éducatifs à partir de quelques perspectives. Avant cela, il sied de dire que le monde de l'éducation est très vaste et en même temps complexe. C'est pourquoi nous devons en lisant cet article nous déconnecter du schéma Education=Ecole. Nous aurons certes l’occasion de parler du système éducatif mais aussi à élaborer des points qui ont traits à l'éducation tel que la culture.
Pour ce qui est des Ecoles comme lieux de savoir, d'apprentissage, de transfert de connaissance que dire aujourd'hui?
Les Ecoles, les Centres pour les Recherches, les Instituts voire même les Académies devraient en principe être les temples du savoir, de l’excellence et de la construction des «esprits libres» comme le dit si bien Friedrich Niestzsche. Aujourd’hui, ils sont des «lieux de ressourcement pour les hommes politiques, les opérateurs économiques, les élus locaux, les citoyens à la base.» (Bertrand Tientcheu, 2005: 53).
Au Cameroun n’entendons-nous pas souvent les désigner de «tombeaux pour les génies»? Et cela justifie le fait que nous soyons dans une société en dessous du seuil de dégénérescence. Nous sommes passés du statut de l’excellence à celui de la médiocrité. (Bertrand Tientcheu, 2005: 49). Nous allons analyser l'état de lieu de chacune des étapes estudiantines. Pource faire commencons par l'éducation à la base
– L'Education à la base: aujourd'hui personne ne voudrait plus embrasser ce noble métier de maître ou de maîtresse d'Ecole Primaire. Tout le monde rêve un poste où il pourra diriger même du haut de son incompétence. Faire corps avec le monde des enfants est presqu'impossible. Et puis c'est normal, combien parmi nous connaissent le mot humilité? Qui aujourd'hui est capable de revêtir ce manteau? Enseigner les tout petits pose un gros problème car on vit dans un monde oú tout va rapidement. Où le mot patience n'existe plus. On veut gagner à tout prix et finalement le temps à cesser d'être de l'argent pour être de l'obsession. Ainsi le monde des tout-petits se voit dévalorisé, méprisé voire même abandonné. Or éduquer un enfant, c'est éduquer la société. Si les dirigeants du monde n'avaient pas reçu dès le bas âge une éducation dans la patience, l'amour et le respect, ils ne seraient pas aujourd'hui entrain de gouverner sur l'humanité. Pourquoi donc il faut croire qu'éduquer un enfant, c'est perdre du temps? N'est-il pas insensé de penser de la sorte?
– L'Education secondaire: il faut dire que cette éducation est le résultat de l'antécédent. Un enfant qui n'a pas reçu une education de qualité dès la base ne pourra rien offrir sinon que des imbécilités. Quand nous avons en face de nous des jeunes adolescents très vite on décèle des signes de la rue et voire même une sorte d’aliénation mentale fruit de l’éducation par les medias. Parlant de l’éducation par les medias nous voulons faire allusion à ce que nous enseigne la télévison et l’internet
Généralement les jeunes élèves accordent plus de temps devant leur écran plutôt qu’à la bibliothèque, Au finish, nous avons un style d’élèves formés grâce à la télévision ou à l’internet. Nous savons tous qu’un élève qui n’a pas fait l’expérience d’une bibliothèque ne peut produire que du pur et simple plagiat. Son raisonnement est dépourvu de bon sens. Son discours n’est pas loin d’un enfant ayant grandi dans une jungle comme ce fut le cas avec le “jeune Mowgli”. Ce style d’éducation est ce qui aujourd’hui prend de l’ampleur au point oú nous nous demandons jusqu’où cela nous menerait?
Il y a aussi dans l’éducation secondaire une autre catégorie de personnes qu’il faut voir. Il s’agit des professeurs clochardisés
Les professeurs commencent à être clochardisés lorsqu'ils vendent leur éthique professionnel pour des centimes voire même pour des problèmes de libido. Le metier noble d’enseignement à cesser d’être noble pour être marchandage. Les enseignants sans scrupule au lieu de se contenter de leur gain cherchent toujours à escroquer de l’argent à leurs élèves. Dans un pays comme le Cameroun et dans la plus part même des pays africains qui ont adoptés le principe d’éducation gratuite et pour tous, on continue à avoir des maîtres et des maîtresses mendiants qui jours et nuits multiplient des stratégies pour estorquer de l’argent aux parents. C’est très normal d’avoir de pareilles enseignants surtout lorqu’on a pas choisi l’éducation par vocation.
Beaucoup d’hommes et de femmes se font enseignants par accident. C’est parce qu’ils n’ont pas pu obtenir un concours dans une des écoles prestigieuses de la place qu’ils vont se jetter bras et coudes liés dans le monde de l’éducation comme çi l’éducation était une affaire des imbéciles. Vaudrait mieux pour ceux-là avec toute honnêteté intellectuelle ne pas faire partie de la cour des penseurs que de faire partie et intoxiquer les imminents penseurs et intellectuels qui par vocation ont choisi librement et dignement cette belle carrière. Voilà pourquoi lorsque nous avons à faire à un enseignant imbécile, le résultat escompté d’un élève n’est que de la mediocrité. Et comme si cela ne suffisait pas, ce cher clochard va même demander aux parents et exiger des cours particuliers pour ce enfant qui certainement n’a pas eu une personne capable d’éveiller son intelligence latente.
Une autre catégorie de ces professeurs ambulants est celle de ceux-là qui travaillent dans la fonction publique. Au nom du matricule qui leur fait porter le titre de fonctionnaire, ils vont jusqu’à soumettre les élèves à leur caprice. En leur faisant toute sorte de chantage. Ils prennent leur congé quand bon leur semble et ne manque jamais au rendez-vous mensuel pour toucher leur bon de caisse ou pour vérifier leur compte question de voir si oui leur argent a été viré. Dans quel pays pouvons nous trouver des personnes qui mangent sans avoir travaillées?
Nous pensons donc que tous ceux-là qui sont des dangers pour notre société doivent être banis du collège éducatif et envoyés dans des centres psychiatriques afin de formater leur instinct égocentrique et aussi de les aider à se libérer de leur esprit mercantiliste.
Pour ce qui est de nos jeunes universitaires nous avons certainement un mot à dire surtout que c’est un secteur très délicat. Il est comme la transition pour une personne qui a suivi son cours normal d’études entre le monde du livre et celui de l’emploi. Pour parler de l’universitaire nous allons nous poser une série de questions: Quelles sont les tendances actuelles que présentent nos jeunes universitaires? Et comment est perçu le monde universitaire?
Le secteur universitaire de part son étymologie est le lieu par excellence où les savoirs se rendent universels. Ceci dit un jeune ayant été formé dans une université de Bertoua n’est pas différent de celui formé dans l’université d’Oxford si seulement les deux sont évalués sur le même contenu et la même matière. Cela dit la qualité de l’éducation n’est pas de facto ce qui est recherchée dans le domaine universitaire sinon l’universalité que revèt l’université. Si donc pour un príncipe de départ le caractère absolu d’une université est qu’elle s’universalise pourquoi un jeune africain doit être réévalué pour entrer dans une université européenne? Pourquoi le contenu du jeune africain est parfois remis en cause? N’y a t-il pas lieu de penser réellement à cela?
L’occident a toujours voulu imposer à l’Afrique et de connivance avec elle, le complexe d’infériorité et ceci pour des raisons suffisantes:
- Les africains pour la plupart n’aiment pas lire. Heureusement qu’ils ont une faculté qui leur permet de ne pas toujours être taxés de sous hommes à savoir la sagesse. Quelques africains ne sont pas intelligents mais presque tous sont sages. Mais alors la sagesse aussi ne se trouve t-elle pas dans les livres?
- Les jeunes universitaires africains rêvent pour la plupart étudier à la Sorbonnes; à Oxford; à Princeton, à Harvard ou simplement à Yale comme si étudier dans ces universités faisaient d’eux des super étudiants. Ils ignorent cepedant que le contenu que procurent les universités est universel.
Nous avons des personnes tellement passionnées par l’Europe au point oú même un “vaut rien” qui n’a pas pu valider senestre une matière de sa filière, et qui de retour dans son continent après 20 ans passés à l’hexagone pour des raisons d’études, ne va pas tarder à être embauché dans une société prestigieuse de la place. Nous nous demandons donc s’ils méritent tous, ces dirigeants qui conduisent à la dérive la plus part des sociétés africaines les postes qui leur ont été assignés. Au lieu donc d’une école de moutons de panurge, qui suivent l’Occident pendant que celle-ci ne va nulle part, comme le disait Maurice Bellet, nous avons plutôt besoin des personnes éclairées. Capables de s’autovaloriser et capables de compétence aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. A maintes reprise il m’a été demandé si j’avais étudié en France et moi de répondre non. J’ai étudié dans quelques pays d’Afrique. Tout ceci parce que nos chers occidentaux pensent toujours qu’un bon raisonnement ne peut provenir que de l’occident. Ce qui est archifaux.
- Une autre caractéristique qui nous détermine est la capacité de discourir. Parfois nous aimons entamer des débats sans fondements. Ce qui parfois est à l’origine de la diarhée verbale dont souffrent plus d’uns. Pour ce faire dira Emmanuel Pondi, politologue camerounais, au lieu du complexe de perroquet nous avons besoin pour les nouvelles générations africaines d’une nouvelle volonté de puissance intellectuelle, éthique et spirituelle, dans un élan d’invention de notre avenir selon des principes d’une recherche fondamentale collectivement organisée et portée.
Nos universités sont des cibles privilégiées des différents mouvements religieux sulfureux et autres cercles ésotérico-mystiques qui se déploient en branle sur le continent africain.Ces églisettes qui se créent ainsi à tout bout de champs dans nos institutions académiques, pour la plus part sans un fondement théologique et biblique solide, sont des lieux d’imbécilisation collective et de déstructuration psycho-mentale et sociale de la personne. Elles récusent l’utilisation de l’intelligence, don de Dieu à l’Homme, et développent une religiosité du délire irrationnel, des convulsions burlesques et quasi démentielles. Leurs principales cibles sont les jeunes intellectuels, notamment ceux-qui n’ont plus foi en l’avenir et aussi les adeptes de nouvelles expériences mystico-religieuses. Ce sont de grosses industries de manipulations des consciences.
Ce que nous ne parvenons toujours pas à comprendre est comment rendre possible une adéquation entre l’absurde et le concret. Entre le rationnel et l’irrationnel. Un universitaire qui est supposé être intellectual, comment parvient-il à plonger dans les méandres de l’obscurantisme béat dans lesquelles l’entraine ces mouvements religieux sulfureux sans fondements théologiques? Et si réellement la religion était “l’opium du peuple”?
Nos universités sont aussi victimes d’un autre phénomène qui est celui de la recherche du prestige et des titres. Tout cela passe au crible du pouvoir politique. Les responsables pour la plupart sont nommés de façons politiques. Il faut parfois appartenir à un certain «cercle mafioso» voire même esotériques pour pouvoir décrocher un poste ou même être admis dans le rang des docteurs ou d’éminents professeurs. La «politique et l’administratif priment sur l’académique». Quel résultat pouvons-nous espérer devant de telles situations? N’est-ce-pas que des enseignants clochardisés comme nous l’avons sus mentionnés? En plus, «ceux qui ont la possibilité de s’embourgeoiser, sont embrigadés dans le système politico-administratif. Ils ne peuvent plus dispenser les cours normalement, ils sont intellectuellement «morts», la recherche du savoir est asphyxiée. Pour preuve où se trouvent nos éminents intellectuels africains aujourd’hui? Comment peut-on expliquer le fait que dans un monde universel oú l'éducation a pour objectif principal unir les consciences, on ait des intellectuels embrigadés dans des cercles fermés et reduits pour eux et seulement leurs adeptes. Combien d'auteurs africains sont étudiés dans les universités européennes? Et combien d’auteurs éuropéens étudions nous dans nos facultés africaines? Axelle Kabou dira à cet effet que “la survie de l’Afrique dépendra de son aptitude à s’organiser rationnellement et à regrouper ses forces” nous y reviendrons lorsqu’il s’agira de souligner les points clés pour une nouvelle solidarité africaine.
Pourquoi doit-on penser que l'Homme africain soit incapable de se prendre en charge? Avant de se ruer sur les autres, ne sommes-nous pas les “moins que rien” dans ce système fermé? Que faisons-nous de nos cultures africaines?
La culture est ce ui nous reste lorsque nous avons tout perdu. Fort est de constater que parler de sa culture est devenu presque difficile. On a tendance à croire que la culture des autres est la mieux partagée et que la nôtre est une misère et une honte. Mais toi qui pense de la sorte, n’es tu pas en premier lieu la honte de ta famille? Avoir honte de sa culture c’est faire preuve d’une amnésie culturelle et mentale.
Face à une minimisation de sa personnalité et de sa culture, l'homme africain adore jouer les second rôles. Il est fort étonnant de voir de gentils nègres du haut de leur bien être dire qu'ils vivent au style européen quand nos tendres amis européens veulent vivre le style africain. On a comme une tendance à exalter la culture des autres et rechasser la nôtre. Dans son livre L'Afrique a t-elle besoin d'un plan d'ajustement culturel? Daniel Etoungue Manguele, éminent intellectuel camerounais nous fait savoir que “la cause unique, celle qui est à l'origine de toutes les déviations, c'est la culture africaine; caractérisée par son auto-suffisance, sa passivité, son manque d'ardeur à aller à la rencontre des autres cultures avant que ces dernières ne s'imposent à elle et ne l'écrasent, son incapacité, une fois le mal fait, à évoluer à leur contact, sans tomber dans un mimétisme abjet”. Un nègre à l’étranger est parfois source d’information négative. Ainsi on les ramasse dans la rue pour aller parler au nom de l’Afrique dans les grandes rencontres internationales. Quelqu’un qui ne connaît pas sa culture ni même celle de sa famille et ses origines, que pourrait-il dire de pertinent sinon que des imbécilités que lui suggère son subsconscient. Ainsi accordent t-ils tant d’importance à un africain qui raconte à qui veut l’entendre que nous vivons dans de la forêt et sous des pailles qu’à celui qui voudrait montrer que l’Afrique n’est pas un dépositoire d’excréments. Certains occidentaux ayant vécu un an dans un pays africain ne tardent pas du jour au lendemain à porter des gros titres du genre “experts en questions africaines” ou “spécialistes de la culture africaine”. C’est vraiment curieux de rencontrer un ignare qui se gonfle la poitrine en se prenant pour un spécialiste des questions africaines.
Bloquées donc en elles-mëmes par cette enflure de l’irrationel nous dira Kä Mana, les sociétés africaines sont des sociétés “cannibales” et “totalitaires”: elles refusent la nouveauté et la créativité, le risque de l’innovation. Elles sont par conséquent incapables d’affronter efficacement les défis nouveaux dans des mutations fertiles et bienfaisantes. Ce sont des sociétés fatalistes, soumises à la tradition et incapables de décoller dans un utopisme de novation qui les changerait de fond en comble.

Combien sont ceux là qui prennent avec engouement leur fonction de Magister, n’est-ce-pas que tous veulent s’identifier à la fonction seconde qui leur a été attribuée plutôt qu’à ceux pourquoi ils se sont formés? Et parlant de fonction seconde, nos chers amis enseignants aiment être identifiés comme directeur d'Ecole, prefet d'Etudes, Surveillant général, Censeur. D’autres pour une nomination ministérielle pensent qu’ils doivent rester enfermés dans leur bureau climatisé même quand il ne fait pas chaud pour être servi. Or le mot ministre dans son étymologie signifie celui qui sert. Combien de nos ministres africains descendent sur le terrain pour coordonner les travaux de leur ministère? Tout ceci pour un gros complexe qui est enfouie depuis toujours dans le subconscient de ces enseignants ambulants. C’est pourquoi, à cause de cet abandon des facultés, on ne peut avoir que les étudiants mal formés. Ils sortent des universités nantis de diplômes, mais n’ont aucune expertise réelle. Ils n’arrivent pas à s’intégrer dans un environnement de plus en plus compétitif. Sont incapables parfois de coordoner apprentissage et compétence.
D’où vient le fait que dans nos universités, on puisse rencontrer ce genre de problème? Où se trouverait donc la «racine du mal africain»?
Eboussi Boulaga dans L’honneur de Penser nous dira que la racine du mal africain est «l’absence de pensée». Parce que nous ne pouvons plus créer dans nos universités un cadre de réflexion, de discussions fertiles et de penser libre, nous nous laissons aller aux lluminations de tout genre, à de la rêverie béate. Nous sommes comme des Zombies, dépouillés de notre ‘capacité de revenir à soi, de se comprendre en parlant à soi, de raisonner et de réfléchir aux conséquences des actes accomplis ou à poser.
Aminata Traoré face à ces situations de crises s’interroge: où sommes-nous? Que nous est-il arrivé? Que se passe t-il en ce moment précis de l’histoire de notre continent et de l’humanité? Comment nous faut-il envisager l’avenir? A ces suites de questions nous pouvons nous demander y a-t-il encore de l’espoir de sauver l’université africaine? Quels moyens pouvons-nous employer pour lui permettre de reprendre son envol? Et si l’universitaire africain refusait lui-même son propre développement?
Dans une approche faite à partir des principes du leadership, essayons de montrer qu’il est possible aujourd’hui de sortir l’universitaire africain dans les carcans du mutisme auxquels il s’est lui-même embrigadés.
Nous convenons avec le professeur Kä MANA que l’absence d’un leadership politique efficace et d’une gouvernance responsable mérite une attention particulière de la part de tous ceux et toutes celles qui veulent changer le destin de nos pays.
C’est avec cette grande transition que nous allons, dès à present proposer quelques alternatives pouvant nous aider à reinventer une nouvelle solidarité africaine.
Une nouvelle solidarité africaine doit être pensée sous plusieurs angles. Etant donné que nous avons présenté deux faits majeurs autour desquels s’organisent les problèmes de sous développement dans notre continent, nous allons rester sous cette perspective en apportant des alternatives par rapport à cela.
La première qui touchera l’angle social est très complexe car elle va nous permettre aussi de parler de l’économie africaine.La deuxième qui est d’ordre éducatif nous permettra de soulever l’aspect culturel.
Alternative de l’ordre social
- Dans les travaux au sujet des “Mouvements sociaux et économie sociale en Afrique: l’économie sociale, une notion rassembleuse?”, Abdou Salam Fall et Cheikh Guèye qui, ayant pris part à ces travaux tenus au Québec du 09 au 12 octobre 2002 font savoir que “la réussite relative de l’économie sociale en Afrique repose avant tout sur une capacité des individus et du groupe de prévoir les évolutions tout en gardant la souplesse dans les stratégies”. Dans ces propos, nous décelons:
- Un phénomène qui n’est pas seulement d’ordre économique mais qui embrasse la totalité de la vie sociale. Comment comprendre cela? Par un phénomène de consolidation des liens sociaux depuis les plus primaires et les plus émotionnellement prégnants jusqu’à ceux, ultimes, qui engagent le monde invisible. Cela veut dire que le secteur informel est aussi à prendre au sérieux. Pas le combattre comme le font quelques uns en vue de l’éradiquer sinon le canaliser et l’encourager,
- Aussi nous devons nous dire que l’argent n’est pas ce qui rend une personne riche. La plus grande richesse qu’une personne puisse avoir est celle humaine. Mais que faisons nous très souvent? Nous plaçons l’argent en premier lieu et nous oublions de regarder l’être humain qui vaut plus que cet argent. C’est pourquoi au lieu de penser un projet commun chacun pense son projet à lui et se contente de ce projet. Nous accusons toujours le capitalisme et nous lui faisons porter le chapeau de notre égocentrisme. D’oú vient le fait qu’on puisse s’enfermer dans sa chambre pour manger seul quand il est possible de partager son repas avec les autres membres de la famille? D’oú vient le fait qu’un ami qui t’accueille chez lui pour un temps de vacances et qu’à la fin de ton séjour il te demande de lui verser une somme d’argent comme quoi pour l’entretien de sa maison? Cela vient-il du capitalisme ou alors de notre propre Ego? Nous pensons donc qu’il nous manque quelque chose au mieux que nous avons perdu quelque chose.
- Le sens de gratuité doit être le mot d’ordre de chacun de nous. Nous avons toujours tendance à travailler pour être payé. Mais avons-nous pensé que nous sommes des personnes endettées envers les autres? Pour venir au monde, avons-nous versé une Somme d’argent à nos parents? Et quand nous sommes nés, les avons-nous dit un jour MERCI de nous avoir éduqué et d’avoir permis que nous étudions? Pourquoi aujourd’hui le mot merci n’est plus de mode ou alors nous ne pouvons plus rendre un service sans demander le pourboire? Cette forme de penser et de travailler est ce qui met en péril aujourd’hui le concept de solidarité.
- Un autre mal à éradiquer dans nos sociétés est celui de la jalousie. Nous avons tendance à jalouser nos frères au point d’en faire des ennemis. Ce qui fait dire à Kery James, rappeur français que les “noirs sont affaiblis parce que désunis. Le premier “J” qui nous ronge est celui de la jalousie”. Comment pouvons-nous penser qu’une personne qui ait été détaché d’un groupe pour aller se former afin de multiplier les initiatives du groupe, que cette personne devienne objet de haine pour les siens. N’est ce pas de la méchanceté vaudou tout cela? Pourquoi faut–il être allergique au concept de développement? Et si l’Afrique refusait elle-mëme le développement? Comme le disait Axelle Kabou.
- La jalousie est un grand danger pour le développement et beaucoup d’africains vivent dans cet univers de jalousie. On veut toujours prendre la place de l’autre et ceci s’observe dans tous les milieux de la société. En se réfugiant dans ce monde de haine et de jalousie non seulement on ferme les portes au développement mais aussi on développe des stratégies pour reduire au néant les autres. Qui es-tu pour ôter la vie que tu ne peux pas donner à l’autre? Il faut vraiment repenser ce problème à partir de cette maladie qui tend à devenir une ontologie avec notre être d’africains.
- Les sectes sont aussi à éradiquer si on veut espérer un jour quitter la précarité. Quand nous parlons de secte, ce n’est pas pour nous situer sur le domaine religieux uniquement mais dans tous les domaines de la vie à savoir le domaine racial avec le racisme comme mal principal, le domaine national avec le nationalisme, celui regional avec le régionalisme, le domaine tribal avec le tribalisme et pour finir avec le domaine individuel avec l’individualisme.
Aujourd’hui nos sociétés sont super divisées. Et à tous les niveaux il existe une grande division. Même quand un individualiste se retrouve seul, il est toujours divisé dans son coeur. Alors, nous nous posons la question du pourquoi cela? Peut on vivre indéfiniment divisé? Pourquoi faut-il juger les autres et dire d’eux qu’ils sont la pire des espèces. Les mariages mixtes qu’en est-il? Les relations inter-tribales comment vont-elles?
Certains retardés mentaux vont même jusqu’à penser qu’aimer selon la nature serait se mettre ensemble avec une personne dont vous avez en commun: âges, origines ethniques; nationalités ou cultures? Qui sont-ils pour penser de la sorte? Nous nous attardons sur ce qui ne perdure pas. Nous avons plein de complexe qui jalonnent notre existence. Nous ne savons pas écouter nos coeurs et nous passons le temps à faire des rêves comme “jeannot”. La nouvelle solidarité africaine ne doit pas être vu sous l’angle des divisions ou des clans, sinon sous l’angle de la compatibilité. Quand deux coeurs qui s’aiment et qui se retrouvent, on ne doit pas juger ces coeurs selon nos critères humains. On doit plutôt rendre grâce à Dieu d’avoir permis cette rencontre, alors ne perdons pas toujours du temps à critiquer les autres. Nous pensons que nous avons à nous libérer de beaucoup de préjugés et d’imbécilités qui font de nous des personnes lentes à penser.
- Quant à nos dirigeants africains, cela nous fait trop de peine de voir ces gros ventrus manger l’argent des contribuables alors qu’ils ne font auncun effort pour senestre remplir la tâche ministérielle qui leur a été confiée. Ils passent leur tenps à voyager mais le plus curieux est que lorsqu’ils arrivent à l’étranger, ils sont émerveillés de voir comment tout fonctionne. Comment les gens sont ordonnés et comment tout le monde est conscient des biens publics. Mais de retour dans leur pays, quand ils ont trop fait, c’est juste goudronner la sortie de leur maison qui a été désenclavée par les pluies fortes ou par une goudronnette au lieu du goudron normal. Nous nous demandons donc pourquoi cela? Est ce un pacte avec la misère qui fait en sorte qu’on ne puisse pas se défaire d’elle? C’est réellement une question à laquelle nous devons nous y pencher.
- Ces mêmes dirigeants, posent encore bien de problèmes que de solutions. Nous avons au moins la chance d’avoir en Afrique le paysage et un environnement sains. Ce caractère sanitaire est tellement troublant au point où il faut faire venir des occidentaux en Afrique pour piller nos forèts; couper nos arbres; remuer nos sols et creuser nos mines pour nous voler toutes nos richesses. Nous oublions que ces arbres qu’on laisse abattre dans les forèts d’Afrique Centrale font la beauté de beaucoup de maisons européennes. Nous mettrons en défi quiconque nous dira qu’en Europe quelque maison n’utilise pas du bois. D’oú vient donc ce bois?
- Pour nos femmes et soeurs qui rafolent des bijoux et ivoires. Elles ignorent tout de même que c’est de nos terres que viennent tout cela et vont dépenser des sommes énormes pour pouvoir avoir un collier en or ou une bague en or. Oú est passée notre sagesse africaine? Sommes nous devenus tellement retardés au point de perdre jusqu’à la sagesse qui nous est innée?
- Que se reveille qui voudrait se réveiller et que se désillusionne qui veut se désillusionner.
La deuxième alternative qui nous ouvre dans le monde de l’éducation va faire appel comme nous l’avons sus mentionné à l’aspect culturel:
- La notion de développement est avant tout une disposition d’esprit. Si nous acceptons dès le depart que nous sommes des sous-hommes et qu’aux yeux du monde entier nous le démontrons en risquant nos vies dans la mer avec des pirogues en direction vers l’Europe, alors il nous sera difficile de penser le développement. Axelle Kabou nous fait savoir que “la survie de l’Afrique dépendra de son aptitude à s’organiser rationnellement et à regrouper ses forces”. S’organiser rationnellement n’a rien à voir avec les alchimistes du verbe qui en longueur de journée usent de leur experstise pour jouer aux démagogues et ainsi dépouiller les âmes sensibles de leur nécessaire pour vivre. Penser rationnellement l’Afrique, suppose selon Axelle Kabou, qu’il faut la bàtir sur l’esprit rationnel. Voilà pourquoi elle définit le développement comme une course non pas vers l’Occident sinon “contre les maux croissants et multiples de l’Afrique”. Ile ne s’agit donc pas de savoir si un africain a inventé une voiture à vapeur ou un téléphone sans batterie, sinon de créer les conditions permettant de sortir de la misère par soi-même. Un enfant à qui on donne chaque jour du poisson ne saura jamais pêcher quand il sera dans un besoin personnel.
Aujourd’hui il existe pleines d’organisations internationales qui organisent chaque année une campagne de solidarité en faveur des continents pauvres. Ces continents pour ceux qui ne les connaissent pas sont? L’Afrique; l’Amérique Latine et l’Asie. Nous les appelons les “Triplets” juste parce tous commencent par “A”. De toutes les façons comme le disait un journaliste camerounais: “le SIDA est venu ôter la vie mais en même temps donner la vie”. Comme quoi pour dire, que malgré le fait qu’il existe ces aides, on ne va pas nier aussi le fait que c’est grâce à ces aides que vivent ces organisations internationales. Donc les africains étant très charitables peuvent continuer ou non à perpétuer et à soutenir l’action des ces organisations internationales en incarnant toujours ou pas le rôle du misérable mendiant.
- Un autre aspect de l’éducation qui ne relève pas de la culture serait celui d’une nouvelle éducation qui doit être pensée depuis la perspective de la révolution. Ainsi de la garderie à l’université, nous devons fonder une éthique globale de l’éducation sur la conscience la plus aigüe des problèmes auxquels notre continent est confronté et sur la construction d’une personnalité individuelle et collective capable de donner des réponses fécondes à ces problèmes.
- Mettre l’école à l’écoute de la société et d’ouvrir la société au dynamisme créatif et culturel de l’école afin de favoriser les transformations de l’imaginaire noir de la construction de l’Afrique nouvelle qui sera possible grâce à l’éducation pour tous et par tous.
Nous sommes conscient du fait que le thème est vaste et a plusieurs autres domaines et approches mais pour ne pas nous perdre dans le bavardage, nous avons voulu le centraliser en mettant à nu les aspects qui nous ont paru très importants. Certainement, quelques uns ont été choqués en nous lisant. C’est très normal car parfois nous aimons nous contenter de notre petit vécu et nous ne voulons pas voir la réalité comme la voit le commun même quand elle fait pitié.
La nouvelle solidarité africaine sera possible quand nous serons capable de briser le voile des divisions et de rompre avec les étiquettes raciales, nationales, régionales, tribales et individuelles dont nous nous servons pour identifier les autres.
Clément TSANGA MBIA
Coach en Marketing des entreprises et d´eveloppement de la personne.
Membre officiel du Programme International des Maitres d'Arts Martiaux et professeurs des centres socio-educatifs contre les addictions "Las Escuelas Hermanas"

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