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Et si l’Addiction n’était pas une Malédiction?

Et si l’Addiction n’était pas une Malédiction?
Clément TSANGA MBIA

La complexité de la vie, le questionnement sur l'existence humaine et l’incapacité de trouver des réponses aux problèmes qui surgissent dans la vie de l’Homme, ont fait en sorte que ce dernier puisse choisir le chemin le plus court pour justifier ces handicaps. Ainsi en refusant de réflexioner, notre citoyen choisi de se replier dans le monde des imaginaires. Et c’est l’une des raisons pour lesquelles, il va employer des termes comme “sorcellerie, magie, envoûtement et plus encore Malédiction, juste pour donner raison à son amnésie intellectuelle.
L’addiction qui est une forme de dépendance à la drogue a cessé d’être une maladie psychologique pour être une malédiction aux yeux des incultes. Ainsi ceux-ci croient justifier leur imbécilité et leur ignorance, en jetant leur dévolu au voisin ou à un tel avec qui on ne s’entend pas bien. Nous pensons qu’il est trop hâtif de prendre des décisions surtout lorsqu'un des nôtres ou nous-même sommes sous l’effet d’une dépendance. En se questionnant si l’addiction n’était pas une malédiction, notre souci serait de lever cette équivoque qui consiste à croire qu’on est addict à l’alcool ou la drogue à cause du voisin ou des familiers. Pour mener à bien cette réflexion nous allons nous situer sous l’angle éthique pour voir en quoi consiste réellement cette terminologie et comment arrive t-on à être addict. Quels sont les éléments qui favorisent cette dépendance psychologique?
Du point de vue bioéthique, la drogue est “toute substance qui, introduite dans l’organisme vivant, peut modifier une ou plusieurs fonctions de l’organisme”. Cette définition de la drogue va nous projeter dans un univers beaucoup plus ouvert dans la mesure oú on serait en droit de se poser la question si les cachets que nous avalons pour guérir un mal seraient une drogue. N’ayons pas peur de le dire, effectivement ce sont des substances au même titre que celles décrites dans la définition que nous offre l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cependant, il faut savoir nuancer et différencier les termes. C’est ce que nous nous proposons de faire dans les lignes qui suivent.
La drogue se différencie des comprimés ou des médicaments pharmaceutiques au niveau des finalités. En effet, on avale un comprimé pour guérir d'un mal, c’est le cas des aspirines, des paracetamols, des antibiotiques de tout genre. La drogue cependant a une finalité beaucoup plus orientée dans la recherche de la félicité et du plaisir épicurien. Ce désir à tout prix de jouir du plaisir, de s’évader et de chercher des réponses aux problèmes que nous pose la vie est la cause principale de cette consommation accentuée des substances alcooliques et nicotiniques. Ce qui permet de definir concrètement la drogue comme “quelconque substance chimique qui provoque les changements dans l’état émotionel, le fonctionnement de l’organisme et/ou le comportement d’une personne”. Pour saisir le concept de drogue, il sied de souligner cinq points essentiels:
1. Il doit se référer à son action sur le système nerveux central: il est vrai que l’être humain est une unité et que l’ingestion des comprimés comme l’aspirine ont une influence sur la totalité de son corps. Cependant, il doit être considérer comme drogue, tout produit dont le mécanisme d’action se situe au niveau du système nerveux central. Et en langage technique, on le désigne par “psychotropique” puisqu’il modifie la Psyché
2. Le concept de drogue s’assimile aussi à laTolérance: en effet une des caractéristiques de la drogue est que l’organisme s’habitue à son utilisation de telle sorte que, pour atteindre la dose souhaitée par l’organisme, il lui faut une bonne quantité d’ingestión.
3. Le troisième concept est celui de la Dépendance. Il faut distinguer deux types de dépendances:
La dépendance psychique: l’Organisation Mondiale de la Santé l’a défini comme “un sentiment de satisfaction et d’impulsion psychique qui exigent une administration quotidienne et répétée de la drogue pour produire le plaisir ou alors pour éviter un état dépressif”. C’est pourquoi il est parfois difficile de convaincre un addict à la drogue de l’abandonner au prix de sa santé. Toutes les campagnes et luttes contre la drogue sont pour lui des chimères.
La dépendance physique: c’est un état pathologique, comme conséquence de l’ingestion répétitive de la drogue, qui à la longue génère une série de symptômes caractéristiques et spécifiques, appelés “syndrôme d’abstinence”, quand l’administration de la drogue se fait de façon discontinue, et à dose réduite de consommation.
4. Un autre point caractéristiques de la drogue est celui de ses effets gratifiants. La drogue nous gratifie dans la mesure oú elle répond rapidement aux problèmes qu’on lui soumet. Pour une personne à la recherche du plaisir, consommer une bonne dose de drogue serait lui procurer non seulement de la joie mais aussi du bonheur éphémère.
5. Nous ne pourrions pas présenter les caractéristiques de la drogue sans toutefois faire mention à l'overdose qui aujourd'hui tend à être substituée du point de vue de l'appelation par la Réaction Adverse à une Drogue (RAD). En effet parler de l'overdose signifie en quelque sorte présenter l'état d'un drogué qui se trouve aux portes de la mort. Une forte consommation des stupéfiants est dans quelque mesure possible la cause de cet état agonisant.
Après avoir présenté les différentes caractéristques de la drogue, il nous revient à présent de classifier les drogues selon leur importance. Il sied de dire qu'il existe sept classes de drogue.
1. les Opiacés: on rencontre ici l'Opium; la Morphine; l'Héroïne et la Métadone.
2. Les Psychostimulants Majeurs: la Cocaïne; l'Anphétamine; l'“extase et drogue d'amour”.
3. Les Psychodépresseurs: l'Alcool Ethilique; les Barbituriques; les Benzodiacépines.
4. Les Cannabis: les Haches et la Marihuana.
5. Les Alucinogènes: LSD; la Psilocibine; la Mescaline.
6. Les Dissolvants: l'Acétate d'Ethile; le Bencène; le Toluène; l'Acétone.
7. Les Psychostimulants mineurs: le Tabac; la Nicotine; la Cola; la Caféine et le Khat.
Lorsque ces stupéfiants sont consommés à dose répititive et continue, nul besoin n'est de dire que cela va conduire à l'addiction. Commencer alors à penser qu'être addict, c'est être maudit, c'est faire carrément preuve de réflexion stérile et stagnante. Loin donc d'imaginer l'addiction comme une malédiction, il est nécessaire de la prendre sous l'angle d'une maladie psychique, qui a besoin d'un accompagnement digne de ce nom afin de pouvoir sortir du gouffre de la consommation le sujet malade. Dans ce sens, nous avons des Centres pour Alcooliques Anonymes; des Projets de réhabilitation de l'Homme; des Centres médicaux spécialisés; il est existe aussi des personnes formées dans l'accompagnement et soins des drogués.
Le sujet malade, pour être guéri de son mal doit entrer dans un système qui englobe à la fois, le concerné, l'institution, sa famille et son entourage. Ce système est ce qui permettra de le réhabiliter. Il est donc impératif de savoir agir quand nous avons en face de nous un drogué et d'éviter les mentalités selon lesquelles, il serait maudit. L'addiction n'est donc pas et en serait aucunement une malédiction.

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