EDUCATION POUR TOUS

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POURQUOI MOI?

"Pourquoi Moi?" Il nous arrive parfois de nous poser cette question surtout lorsque nous nous retrouvons dans une situation de crise ou de détresse. Les dernières catastrophes naturelles qui ont marqué l’histoire mondiale ont permis à plus d’un de se poser cette question. D’autres qui directement ont été frappé par un décès d’un être cher, qui ont perdu leur poste de travail, qui souffrent des guerres et calamités de divers ordres ce sont aussi posés cette question et ont ajouté à ce questionnement beaucoup d’autres telles que: Pourquoi la souffrance?, comment Dieu peut-il permettre la douleur? Est ce que c’est Dieu qui me châtie? Pourquoi pas lui et moi seulement? Qu’ai-je fait pour mériter ce sort? Voilà autant de questions que l’individu se pose lorsqu’il est dans la souffrance. Face à ce questionnement, quelle attitude adpoter? Y a t-il une réponse à ces interrogations? Dans les quelques lignes qui suivent nous essayerons non pas de donner des réponses à ces questions qui échappent à notre entendement humain mais d’enseigner une voie d’issue pouvant dans une mesure nous aider à s’auto dépasser en temps de crise.
Il m'arrive parfois de causer avec des amis et ce qui ressort le plus dans ces échanges amicaux et fraternels, ce sont des plaintes, des cris de désespoir pour ne pas dire de détresse et des appels au secours. Ce qui me donne la sensation selon laquelle eux-mêmes sont auteurs de leur propre souffrance. Dire ce que je viens d’écrire ne veut en aucun cas signifier que je manque de compassion ou alors que je suis un juge impartial des personnes qui se confient à moi. Bien au contraire, je suis naturellement compatissant et sensible aux problèmes et souffrances de mon prochain. Le mal qui nous tient le plus est celui de la peur. La peur de faire face à notre réalité presente et la peur de ne pas faire un bon choix. Lorsque surgit un problème la réaction immédiate est de faire couler des larmes, d’accuser un tel avec qui je ne m’entends pas. Dans notre contexte africain, nous rangeons tous les maux sous le registre de sorcellerie. On va jusqu’à taxer l’autre de sorcier. C’est à cause de lui que je fais des cauchemards, que je n’ai pas de travail, un foyer stable, d’enfants etc. Johson Spencer dans son livre ¿Quién se ha llevado mi queso? Nous enseigne comment affronter les changements qui nous affectent et c’est cela notre combat quotidien. La vie au lieu de la voir comme une damnation doit plutôt apparaître comme un don de Dieu, une tranche de fromage que je déguste avec beaucoup d’appetit. Serai-je donc épicurien? Je ne le crois pas. Déguster du fromage n’est pas mal en soi mais reconnaître la saveur du fromage lorsqu’on le déguste voilà ce qui est bien. Medine, un de mes artistes préférés ne disait-il pas “pour apprécier le goût du miel il faut savoir apprécier l’aigreur du vinaigre?” Comme quoi nous devons utiliser les événements qui nous arrivent pour mieux comprendre ce que nous vivons dans notre quotidien.
Un autre aspect serait l’influence des autres et les “on dit”. Il nous revient parfois difficile d’affronter la réalité et notre propre histoire parce que nous avons peur d’un tel, nous avons peur de ce que dira ou pensera tel autre. Cela nous plonge parfois dans la depression. Face à cela, il m’est difficile d’aider une personne qui de prime abord n’est pas capable de s’aider elle-même. Voilà pourquoi face à cette attitude poltronne, le célèbre psychothérapeute Bert Hellinger a trouvé mieux de dire “souffrir est plus facile qu’ assumer la solution”. Cela est donc le propre de certaines personnes. Elles préfèrent d’abord souffrir avant d’affronter les issues de solutions qui s’offrent à leurs yeux. D’autres refusent carrement l’aide qu’on peut leur offrir et s’enferment dans leur monde de problèmes. Cette attitude s’appelle “neuroticisme” dans le jargon psychologique. Ainsi d’un cas à un autre nous pouvons rencontrer des figures différentes, chacune avec son lot de problèmes.
Sous l’angle des catastrophes naturelles nous nous interrogeons aussi. Qui a pu rester indifférent devant la catastrophe du lac Nyos au Cameroun en 1986, le Tsunami au Japon en 2004, le séisme en Haïti en 2010 et en dernier ressort le tremblement de terre le plus desastreux qui s’est produit recemment au Japon. Ces catastrophes loin d’exclure les autres nous ont tous plongées dans un tourment profond. Personne n’a pu rester insensible devant ces images horribles que nous a montrée en longueur journée la télévision. Face à ces atrocités, nous manifestons notre faiblesse, notre desarroi et nous ne pouvons que dire “Désolé”. A côté de cette désolation les pointilleux vont toujours chercher à connaître à qui la faute, qui en est tenu pour responsable. Ainsi nous pensons qu’au lieu des plaintes incesantes, il serait judicieux de faire tout notre possible pour se sentir responsables l’un l’autre des conséquences destructrices de la nature et corriger les erreurs humaines. Vouloir toujours rechercher le coupable laisserait entendre qu’il ne devrait pas exister un tel problème de catastrophes, à moins que l’homme en tant que “maître et possesseur de la nature” pourrait les controler et les éviter. Si nous choisissions ce dernier cas, cela signifierait qu’avec l’homme, tout est réalisable et par conséquent les limites humaines n’existeraient plus. C’est la croyance qui prévaut dans nos sociétés contemporraines. Croire que l’homme est capable de tout. Il se laisse donc voir que la première erreur à laquelle nous tombons le plus souvent est celle de croire à notre propre pouvoir humain et de se dire que nous avons un pouvoir de dominer sur tout ce qui existe. Ce qui serait une chimère.
Dans les sociétés modernisées, les systèmes de préventions sont développés mais cela n’empêche pas qu’il y ait tremblement de terre, séisme, innondations, feux de brousse, catastrophes aériennes ou simplement mort d’homme. N’y aurait-il pas un message pour celui-là qui se considère maître de tout? Si grâce à notre genie humain nous pouvions éviter ces catastrophes est-ce qu’il devait encore exister de problèmes sur la terre? Pourquoi existe t-il toujours des catastrophes malgré nos moyens de préventions et autres? Les catastrophes nous enseignent donc que tout n’est point réalisable surtout sur la perspective humaine. Ce qui est possible avec les preventions et autres, c’est la réduction des effets dévastateurs. Je m’amuse parfois à dire que les pays tiers-mondistes surpassent rapidement l’épreuve des catastrophes que ceux des pays développés car les personnes vivant dans le tiers monde sont considérées comme les rebus de la société avec des conditions de vie précaire. Par conséquent au dire des autres, elles sont prédestinées à la souffrance. Etant donc donné qu’elles connaissent déjà la souffrance, ce serait faire de la tautologie en disant chaque jour qu’elles souffrent. Donc en clair, s’il existe des personnes réellement qui sont affectées par les catastrophes et qui ne peuvent pas se remettre des catastrophes, ce serait les personnes des pays développés. L’occidental se croit tout détenir au point oú il lui arrive difficile de reconnaître ses limites et sa faiblesse et c’est d’ailleurs pourquoi il souffre plus. Ces quelques lignes non loin de provoquer des polémiques entre Sud et Nord, voudraient juste nous présenter les réalités que nous tous connaissons.
La nature est tant organisée et tellement inocente contraiment à ce que nous nous imaginions d’elle. Ce qui a fait d’ailleurs dire au poète et moraliste chrétien Reinhold Schneider que non seulement les Hommes mais aussi les animaux se relationnent cruellement. De la même manière que nous détruisons un coin de la nature pour y implanter un super marché, une discothèque et autres. Il en est de même pour les animaux qui se tuent entre eux pour survivre. Que pouvons-nous donc apprendre des catastrophes naturelles?
- Le fait d’avoir tant domestiqué la nature a fait en sorte que celle ci se rebelât contre nous sous forme de catastrophes. Notre tâche serait ici de conformer notre monde à celui de la nature. Comme exemple donner au fleuve la possibilité de sortir de leurs cours au lieu de les en empêcher avec les constructions spectaculaires et anarchiques.
- Un deuxième point serait de nous assurer de notre compréhension de la nature et de la création. Qu’est ce que la nature pour moi? Que signifie dominer sur la Nature? La nature a t-elle à mes yeux son propre pouvoir? Puis-je affronter le pouvoir de la nature? Une fois que nous aurions compris le sens de ces concepts et repondus à ces questions, nous pourrions mieux éviter les catastrophes.
- La dernier élément que nous pouvons proposer fait référence à l’image que nous avons de Dieu. Qui est Dieu s’il ne peut pas nous éviter les catastrophes? Comment comprendre un Dieu qui a créé un monde avec autant de menaces et de risques? Nous devons ici formater ces fausses images que nous avons de Dieu en voulant toujours lui rendre responsable de ce qui nous arrive. Beaucoup de fervents chrétiens continuent de croire que Dieu est celui qui nous punit parce que nous avons commis un tel acte dans le passé. Si dans ma famille, il ya trop de problèmes, surement c’est parce que telle personne avait fait telle chose et Dieu nous punit pour cela. C’est de la sorte que nous pensons et ce qui une fois de plus se conçoit à notre entendement comme des réflexions stériles et dépourvues de tout sens de raison.
En clair la incompréhensibilité de la souffrance provoquée par les catastrophes naturelles nous invite à nous rapprocher beaucoup plus de ce Dieu qui nous paraît incompréhensible. Au lieu donc de chercher à le connaître et le justifier à partir des catastrophes ou à le faire passer au crible de notre raison humaine , nous pouvons juste nous abandonner dans le mystère de son incompréhension et chercher à nous comprendre nous-même dans notre étrangeté.
Clément TSANGA



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Super !!

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